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Musique classique et opéra par Classissima

Herbert von Karajan

jeudi 20 juillet 2017


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4 juillet

CD, compte rendu critique. ESA-PEKKA SALONEN conducts Stravinsky (7 cd SONY classical : 1988-1992)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu critique. ESA-PEKKA SALONEN conducts Stravinsky (7 cd SONY classical : 1988-1992). Capable d’électiser ses orchestres (britanniques, londoniens) : précisément Philharmonia Orchestra et London Sinfonietta, le chef finlandais Esa-Pekka Salonen, alors trentenaire pour Sony classical signe des enregistrements superlatifs de L’Oiseau de feu, du Sacre, de Pulcinella… la précision horlogère du rythmique Stravinsky enflamme la direction du jeune maestro dans un équilibre idéal entre hédonisme scintillant sonore, précision technicienne, articulation et intelligence architecturale. Le coffret regroupant plusieurs gravures anthologiques, s’impose de lui-même. CD1; La vitalité de Petruchka (version 1947) paraît comme réécrite selon un schéma linéaire presque décortiqué comme jamais ailleurs (London, octobre 1991), mais avec un sens de la flamboyance sonore et détaillée, véritable orgie gavée de nuances et accents rythmiques d’une mise en place impeccable ; les ruptures de climats et de rythmes sont comme rafraîchis, régénérés en une candeur héroïque d’un sang irrésistible. Instrumentalement et rythmiquement, Salonen détaille tout, sans éteindre l’élan vital du ballet, et la courbe nerveuse, féline de la danse. L’équilibre entre sensualité et analyse intellectuelle est trouvé, idéal. Un régal. Au tournant des années 1980-1990, le Salonen trentenaire saisit par sa sensibilité instrumentale, sa science des couleurs, sa précision rythmique, une vision claire, architecturée et sertie dans l’élégance EPS : Salonen à son meilleur Après l’innocence et la juvénilité de Petrouchka, tuée dans l’œuf, Salonen soigne les équilibres plus sereins et nostalgiques du ballet Orpheus, tout en détaillant là encore chaque accent instrumental avec une vivacité analytique et expressive de premier plan. L’acuité du trait dialogue avec un sens souverain de l’architecture et de la motricité rythmique. C’est éloquent, subtil, agile, d’une élégance bondissante : le feu de la danse s’y déploie sans entrave mais avec un style irrésistible (remarquable Philharmonia Orchestra, Londres décembre 1992). Même s’il dénie toute narration objective, Stravinsky sait exploiter les ressources poétiques de l’orchestre avec un génie des couleurs et de la matière atmosphérique : en peintre et poète, Salonen lui emboîte le pas et semble comprendre tout, de chaque mesure, de chaque éclat nuancé dans chaque phrase. Le travail est exemplaire : abandon à la fois nostalgique et ironique de l’équation hautbois / harpe ; dernier accord (avec trompette : d’une ineffable sérénité apollinienne). Trépidant, détaillé, le chef sait conduire le tapis sonore jusqu’à la révélation finale. CD2 ; L’Oiseau de feu, dans une gravure légendaire de 1988, transpire de volupté miroitante, subtilement énoncée où la précision du trait renforce la richesse suggestive, faisant de Stravinsky, alors nouveau compositeur pour les Ballets Russes, l’égal des Ravel et Debussy. Onirisme et pointillisme fusionnent. Mais aussi Mystère et énigme, en cela proche des légendes et des apparitions féeriques, envoûtantes et vénéneuses (Le château de Barbe-Bleu de Bartok n’est pas loin non plus)… Le Philharmonia Orchestra époustoufle par sa ferveur souple, ondoyante, déroulant une soie enivrante d’un fini iridescent, totalement jubilatoire. Voici assurément l’approche la plus aboutie sur le plan de l’hédonisme et de l’enivrement sonore, d’autant qu’il s’agit de la version originale de 1910. Le résultat est à couper le souffle. Le prétexte narratif qui enracine la matière musicale dans le déroulé du conte, atteint pourtant la pure abstraction sonore, volupté et spasmes, fourmillant de détails, respirations intersticielles, micronuances rousseliennes (annonçant en cela l’ivresse extatique et poétique du Sacre). Tout s’écoule en paysages et climats de plus en plus troubles et opaques, pourtant d’une rare transparence. C’est une véritable poétique de la nuance scintillante, d’un chambrisme, à la fois hyperactif, millimétré et métamorphique, d’une éloquence secrète et murmurée, – viscéralement allusive, que le chef finlandais à son meilleur, nous offre en maître absolu de l’ivresse et du vertige orchestral (plage 19). Immense conteur, géant de l’é/invocation, doué d’une imagination supérieure, et d’un tempérament esthétique saisissant, Esa-Pekka Salonen égale sans sourciller ni tension les plus grands maestros : Boulez, Abbado, Karajan, dans cette gravure sublimée par la grâce, qu’il faut absolument avoir écouté. CD3; évidemment Le Sacre prend valeur étalon, indice d’un tempérament immensément doué pour l’ivresse et le détail flamboyant. La nervosité païenne, la surenchère de timbres et d’alliances instrumentales sont gorgées de saine félinité, de juvénile trépidation ; testostéronée, la direction affirme et le tempérament électrique et ciselé de Salonen, comme la précision et l’élégance des musiciens du Philharmonia Orchestra qui en octobre 1989, signe une lecture passionnante, engagée, fiévreuse et pointilliste comme peu. Même entrain frénétique et ciselure de la sonorité dans la Symphonie en 3 mouvements dont le premier mouvement synthétise les apports d’une approche autant millimétrée qu’extatique. Voilà assurément l’un des meilleurs cd du coffret (avec L’Oiseau de feu de 1988). CD4 ; le néo baroque Pulcinella étincelle par ce caractère à la fois mordant et nostalgique, né d’un souci de la netteté instrumentale et de la vivacité rythmique ; porté aussi par la tendre tenue des voix britanniques requises (John Aler, Yvonne Kenny, et la basse chantante, toute en verve de John Tomlinson, à l’impeccable intonation…). Même s’il s’est montré si dur avec Vivaldi (ses Concertos répétitif interchangeables), Stravinsky fait ici jaillir le feu trépidant des Napolitains les plus enjoués (Pergolesi en premier comme il est indiqué dans le manuscrit originel, ici dans la version 1965), inspirés par la veine buffa. La précision de chaque instant n’écarte jamais la vie, les justes respirations, une ferveur continue qui portent au sommet cette lecture d’une exceptionnelle intelligence expressive et poétique (London Sinfonietta, avril 1990). CD7; Oedipus Rex, nerf, félinité précise et dramatique avec la complicité de l’excellent Vinson Cole dans le rôle-titre, et le sobre Patrice Chéreau (Stockholm, mai 1991). Dommage que le mezzo de Von Otter fait une Jocaste pas assez mordante et trouble (n’est pas Jessye Norman qui veut). Contraste éloquent avec le luminisme souverain, éclairant structurant les éclairs mécaniques et droits du très néoclassique ballet, Apollon musagète (superbe mécanique expressive, précise, ciselée au scalpel…) ——————— CD, compte rendu critique. ESA-PEKKA SALONEN conducts Stravinsky (7 cd SONY classical : 1988-1992). CLIC de classiquenews de juillet 2017.

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1 juillet

CD, coffret événement. THE RING by KARAJAN (intégrale remastérisée, DG, 1967)

CD, coffret événement, annonce. THE RING by KARAJAN (intégrale remastérisée, DG, 1967). Voilà 50 ans… Le chef légendaire Herbert von Karajan et l’Orchestre philharmonique de Berlin entraient dans la Jesus-Christus-Kirche à Berlin pour enregistrer le sommet lyrique du catalogue de Richard Wagner : la Tétralogie ou l’Anneau du Nibelung (Der Ring créé à Bayreuth en 1876). Deutsche Grammophon édite en juin 2017, l’intégrale remastérisée du Ring sur un seul disque Blu-Ray audio haute définition 96kHz/24-bit dans une édition en livre-disque deluxe, riche d’un livret de 400 pages comprenant les textes détaillés des éditions originales et les livrets de chacun des 4 opéras, ainsi que plusieurs photos rares provenant des sessions d’enregistrement et des répétitions des productions de Salzbourg. Pour son cycle monumental du Ring, Karajan regroupe autour de lui, une distribution prestigieuse de chanteurs solistes capables de transmettre sa vision artistique – celle d’un chambrisme inédit, révélant le profil intérieur et les intentions souterraines de chaque protagoniste; son approche plus spirituelle de l’œuvre, volontiers hédoniste, privilégiant beauté sonore, lyrisme expressif, clarté architecturale. Ainsi le Ring psychologique et dramatiquement introspectif de Karajan allait naître pas à pas.. ———— HERBERT VON KARAJAN – WAGNER: DER RING DES NIBELUNGEN / Sortie : 30 juin 2017 – Deutsche Grammophon. Prochaine critique complète et présentation dans le mag cd dvd livres de classiquenews. CLIC de classiquenews de l’été 2017




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26 juin

LILLE. Jean-Claude Casadesus dirige le Requiem de Verdi

LILLE, Requiem de Verdi : ONL / Jean-Claude Casadesus, le 12 juillet 2017, 21h. Ecrin décuplé aux proportions étonnantes, le stade Pierre Mauroy à Lille, est devenu familier des grands rendez vous classiques ; en juin, il s’agissait d’accueillir le concert des Prodiges et de la plus grande chorale du monde, retransmis sur France 2 (LIRE notre compte rendu complet de ce direct cathodique mémorable du 2 juin 2017, présenté par l’excellente Marianne James ). Ce 12 juillet, à l’échelle du colossal toujours (le stade Pierre Mauroy accueille jusqu’à 30 000 spectateurs comme ce fut le cas précédemment), Jean-Claude Casadesus chef fondateur de l’Orchestre National de Lille interprète le Requiem de Verdi, l’une des partitions spirituelle les plus bouleversantes écrites sur le thème de la mort. Colère divine, prière pour le salut des défunts… la partition convoque les tourments et l’espérance des hommes face à la faucheuse, sollicitant la miséricorde divine au moment du Jugement dernier. C’est donc en séquences clairement définies, alternant solos, duos, quatuors de solistes, somptueuses et fracassantes vagues chorales un opéra sacré à l’échelle du collectif comme de la prière individuelle. A l’origine, Verdi compose son Requiem pour la mort du poète italien Alessandro Manzoni (l’auteur adulé, admiré d’ i Promessi sposi) en 1873. La partition est plus qu’un opéra sacré : c’est l’acte d’humilité d’une humanité atteinte et saisie face à l’effrayante mort ; l’idée du salut n’y est pas tant centrale que le sentiment d’épreuve à la fois collective (avec le formidable chœur de fervents / croyants), et individuelle, comme l’énonce le quatuor des solistes (prière du Domine Jesu Christe). Le Sanctus semble affirmer à grand fracas la certitude face à la mort et à l’irrépressible anéantissement (fanfare et choeurs) : mais la proclamation n’écarte pas le sentiment d’angoisse face au gouffre immense. D’abord entonné en duo (soprano et alto), l’Agnus dei témoigne du sacrifice de Jésus, prière à deux vois que reprend comme l’équivalent profane/collectif du choral luthérien, toute la foule rassemblée, saisie par le sentiment de compassion. Enfin en un drame opératique contrasté, Verdi enchaîne la lumière du Lux Aeterna, et la passion d’abord tonitruante du Libera me (vagues colossales des croyants rassemblés en armée), qui s’achève en un murmure pour soprano (solo jaillissant du choeur rasséréné : Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua lucaet eis / Donne-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière brille à jamais sur eux) : ainsi humble et implorant, l’homme se prépare à la mort, frère pour les autres, égaux et mortels, à la fois vaincus et victorieux de l’expérience de tous les mourants qui ont précédés en d’identiques souffrances. Il faut absolument écouter la version de Karajan (Vienne, 1984) avec la soprano Anna Tomowa Sintow et le contralto d’Agnès Baltsa pour mesurer ce réalisme individuel, – emblème de l’expérience plutôt que du rituel, pour comprendre la puissance et la justesse de Verdi. Acte de contrition (Tremens factus sum ego -1-) chanté par la contralto d’une déchirante intensité, prière en humilité, le chant ainsi conçu frappe immédiatement l’esprit de tous ceux qui l’écoute ; au soprano revient le dernier chant, celui d’une exhortation qui n’écarte pas l’amertume et la profonde peine ; entonnant avec le chœur rassemblé, concentré, ému, les dernières paroles du Libera me, la soprano exprime le témoignage de la souffrance qui nous rend égaux et frères ; en elle, retentit l’expérience ultime ; son air s’accompagne d’une espérance plus tendre, emblème de la compassion pour les défunts, tous les défunts. Croyant ou non, l’auditeur ne peut être que frappé par la haute spiritualité de ce Requiem élaboré à l’échelle du colossal et de l’intime, où les gouffres et les blessures nés du deuil et de la perte expriment de furieuses plaintes contre l’injustice criante, puis s’apaise dans l’acceptation, conquise non sans un combat primitif et viscéral. RECONCILIER GIGANTISME ET SINCERITE D’UNE PRIERE individuelle et collective. Dans un dispositif accoustiquement ajusté, Jean-Claude Casadesus et son orchestre (le National de Lille) abordent le Requiem de Verdi avec cette maîtrise des grands effectifs et des plans étagés, précédemment démontrée, et convaincante dans, par exemple, son superbe disque de la Symphonie Résurrection de Gustav Mahler / CD enregistré en novembre 2015, CLIC de CLASSIQUENEWS 2016… Rien n’égale les proportions du stade Pierre Mauroy à Lille : le Requiem de Verdi aux proportions impressionnantes (choeur de 100 chanteurs, orchestre philharmonique, 4 solistes) et qui dure près de 2h semble idéal pour une telle célébration collective. Le Dies irae entre autres séquences chorales, impose une fureur égale au Requiem de Berlioz, fracassant, impétueux, déchirant par son réalisme tragique et tourmenté. Il s’agit certes de la colère divine (évocation du Jugement dernier) mais surtout de la force volcanique et éruptive d’un choeur déchainé. L’expérience tentée par l’Orchestre National de Lille et son chef fondateur réunit 300 participants, c’est la 3è de ce type, alliant le pharaonique et l’intense ferveur d’une œuvre qui frappe par sa justesse et sa force tragique. —————————— REQUIEM DE VERDI Le 12 juillet 2017, 21h LILLE, Stade Pierre Mauroy Orchestre National de Lille, Chœur régional Nord-Pas-de-Calais Chœur Nicolas de Grigny – Reims, 4 solistes lyriques Jean-Claude Casadesus, direction RÉSERVEZ VOTRE PLACE Carré Or : 60€ Cat.1 : 45€ Cat. 2 : 30€ Cat. 3 : 20€ Cat. 4 : 10€ ———————————— (1) Tremens factus sum ego, et timeo, dum discussio venerit, atque ventura ira / Voici que je tremble et que j’ai peur devant le jugement qui approche et la colère qui doit venir (partie la plus déchirante du Libera me final) Illustrations : Jean-Claude Casadesus © Ugo Ponte / Orchestre national de Lille 2016

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21 juin

OPERA historiquement informé. LE RING SUR INSTRUMENTS D’ÉPOQUE

OPERA. LE RING SUR INSTRUMENTS D’ÉPOQUE. WAGNER historiquement informé. Le Concerto Köln, l’une des meilleures phalanges sur instruments d’époque actuellement, avec l’Orchestre des Champs Elysées en France, a décidé avec le pilotage du chef Kent Nagano de réaliser une lecture historiquement informée de la Tétralogie wagnérienne : soit l’intégralité des 4 opéras de Richard Wagner, L’Anneau du Nibelung, sur instruments d’époque et d’après les traités historiques précisant l’orchestre à l’époque de Wagner (Bayreuth 1876). Le projet s’appuie sur un ensemble de travaux scientifiques et de recherche menés depuis l’Université de Cologne (département musicologique). Il s’agit d’interpréter le Ring dans le style vocal et orchestral de l’époque de Wagner, mis à l’épreuve de la scène : le résultat de ce travail complet est annoncé pour la saison lyrique 2020 / 2021, dans une maison d’opéra non encore identifiée. D’ores et déjà, le projet s’annonce passionnant. On a tant écrit et fantasmer sur les voix wagnériennes, leur soit disant puissance (pour passer la fosse symphonique, pourtant placée très en dessous du plateau) au détriment de l’articulation et de phrasés chambristes. Le premier à concevoir un Ring psychologique et intérieur, – véritable théâtre intimiste où percent relief et intentions des personnages, reste Karajan et son Ring légendaire. Aujourd’hui, l’approche scientifiquement, stylistiquement informée s’attaque à un sommet de l’art lyrique du romantisme européen. On attend avec impatience les premières étapes de ce chantier prometteur. + d’infos sur le site dédié : http://wagner-lesarten.de



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29 mai

OPERAS. 3 REEDITIONS remastérisées. Tristan (Boehm, 1966), La Traviata (Kleiber, 1977), Fidelio (Bernstein, 1978) – Deutsche Grammophon

OPERAS. REEDITIONS remastérisées événements. Tristan (Boehm, 1966), La Traviata (Kleiber, 1977), Fidelio (Bernstein, 1978). Deutsche Grammophon réédite en format optimisé c’est à dire remastérisé conforme à la prise originale, complété pour chaque ouvrage par un Blu-ray Disc / High fidelity Pure audio, 3 jalons lyriques qui auront renforcé davantage son immense réputation comme label lyrique majeur. BÖHM à BAYREUTH été 66… L’aventure de ce triptyque s’écrit d’abord à Bayreuth à l’été 1966 dans un LIVE saisissant de plénitude subtile, transparente et intense, délivrant un Wagner que Karajan n’aurait pas renier tant le drame, l’élégance intérieure, la pure poésie s’accomplissent de façon égale. Karl Boehm / Böhm dirige les forces vives du Festival de Bayreuth avec une distribution idéale (dans une mise en scène de Wieland Wagner, plus oratorio et austère que visuellement foisonnante. C’est surtout le geste du chef, immense straussien aussi (sa Femme sans ombre est demeurée avec celle de Karajan et Sinopoli, anthologique : grâce à une souplesse nuancée qui n’appartient qu’aux plus grands). Ici la voile symphonique détaille chaque épisode émotionnel, fait surgir la formidable psyché brumeuse et d’une volupté vénéneuse qui fait du chant orchestral, un fleuve au métal à la fois incandescent et fascinant. La soie transparente et prenante des instruments exprime ce jaillissement du tragique onirique qui ne cesse de captiver jusqu’à la fin du drame, entre mort et résurrection, ombre et lumière, Eros et Thanatos. En 1966, Bayreuth atteint un sommet artistique et affirme une belle intuition dans la coopération exceptionnelle des protagonistes : femmes ivres, abandonnées à la lyre extatique (diamant expressif de Birgit Nilsson dont on mesure l’attrait pour les élans passionnés, éperdus, radicaux ; suavité complice et féminine de la sublime Brangäne de Christa Ludwig, exceptionnellement articulée, déclamatoire, hallucinée) ; les hommes se hissent au meilleur : ivresse tendre vaincue du Tristan de Wolfgang Windgassen ; blessure noble du Marke royal de Martti Talvela, tendresse lumineuse et elle aussi incandescente du matelot de Peter Schreier… L’acte II, celui de l’extase amoureuse, où les agents de la nuit surgissent permettant aux amans maudits de s’embraser, s’unir, se transcender hors du temps et de l’espace, et d’affirmer la suprématie enchanteresse de leur union, (cd2) est de loin le plus saisissant (travail des timbres, souffle de l’orchestre, âpreté et souplesse de tout l’orchestre…), Boehm (à 72 ans) assure un accomplissement qui éclaire l’oeuvre autant que les versions légendaires elles aussi de Karajan et de Carlos Kleiber (également éditées par DG Deutsche Grammophon). VERDI : LA TRAVIATA. Comme Boëhm en 1966, Kleiber fils en 1977 sait ciseler la tension d’un orchestre virtuose (Opéra d’état Bavarois, Munich), sachant exprimer en particulier la psyché intérieure, d’essence profondément tragique de l’orchestre : dans cette approche où prime avant tout le souffle de l’orchestre, sa capacité à installer climats et situations (souvent décrits à travers ou selon la sensibilité de l’héroïne), la puissante activités des sentiments s’inscrit au devant de la scène sonore. Dès le départ, s’insinue très subtilement le drame qui va inéluctablement, et aussi la promesse de salvation, grâce à la métamorphose de la pêcheresse qui sacrificielle, s’est sauvée elle-même (en renonçant à Alfredo et en acceptant de se laisser humilier par lui car il s’est senti abandonné et trahi lui-même quant elle l’a quitté… L’ivresse poétique – sobre et intense à la fois qui émane de l’ouverture affirme une vision magistrale sur le drame qui débute alors : la version vaut surtout par la réalisation orchestrale, véritable mise en contexte des situations acte par acte. Carlos Kleiber semble jouer sa propre vie et son salut aux côtés de la courtisane Violetta : les instruments brillent d’un feu intérieur, d’une ivresse éperdue et parfois hallucinée – qui touche même au sublime dans le prélude du III qui précède l’apparition de la pêcheresse consumée par son sacrifice mais en réalité sauvée par la pureté de ses intentions. L’agilité tendre d’Ileana Cotrubas (ailleurs très convaincante Manon de Massenet : Traviata et Manon auront été ses plus grands rôles), la sincérité du chant de Placido Domingo (Alfredo), la noblesse racée mais implacable de Germont père (Sherill Milnes) apportent leur inoubliable vérité expressive, faisant de La Traviata, un mélo touchant par la sincérité du huit-clos et l’efficacité du temps musical qui rejoint ici, comme jamais, grâce à la baguette électrisante de Carlos Kleiber, le temps théâtral. BEETHOVEN : FIDELIO. A Vienne en 1978, Bernstein retrouve un orchestre (Wiener Philharmoniker) avec lequel le chef américain sut cultiver d’étonnantes affinités artistiques et poétiques… Soixantenaire alors, – né en 1918, le maestro du Massachussets sait imprimer une sensibilité versatile qui électrise le plus souvent les épisodes majeurs, propice à une exaltation de l’instant qui fait de son enregistrement un hymne non au désespoir mais à l’espérance et à la vie : constance, ténacité , ferveur contre l’enfermement arbitraire; voilà qui renforce le chant éperdu lui aussi et d’une belle subtilité de Gundula Janowitz, Leonore/Fidelio de braise, ardente, tendre et élégante ; la force virile éprouvée de Florestan, – René Kollo, dont le chant ardent, tendu, blessé exprime la souffrance de tous les prisonniers, injustement incarcérés, victimes de l’injustice despotique : leur duo éperdu et de délivrance au II (plage 7 : Duett « O namenlose Freude ! », à l’annonce de l’arrivée de Don Fernando, saisit par son intensité et l’intelligence des phrasés énoncés piano. Le couple plus tendre Jaquino / Marzelline : Adolf Dallapozza / surtout la lumineuse Lucia Popp, apporte l’épaisseur des seconds rôles : êtres de chair qui souffrent et interagissent avec les protagonistes contraints. Même engagement et portraits ciselés pour les hommes d’autorité : le diabolique et haineux gouverneur Pizarro (Hans Sotin, impérial, inflexible, glaçant) et le libérateur de la dernière minute, Don Fernando (Dietrich Fischer-Dieskau, articulé, embrasé, saisissant de réalisme et de sincérité… comme Lucia Popp d’ailleurs). Le puriste, soucieux du nerf dramatique regrettera une certaine mollesse à certains passages, MAIS, accordé idéalement aux voix, le chant de l’orchestre – détaillé, magistral par sa lumière intérieure et son irrépressible tension active, façonne ici un Fidelio, débordant de vie et de conflits simultanés (impétuosité et intériorité soudaine – mozartienne, des ensembles du II). L’intégration de l’ouverture Leonore III, avant le finale, est une idée géniale qui récapitule par le seul chant des instruments de l’orchestre ce qui a précédé, et inscrit la réalisation dans le symbole et le mythe universel : la fraternité vaincra toutes les épreuves nées de l’injustice et de la tyrannie. Bernstein sait distiller énergie martiale et aussi tendresse, en une fougue orchestralement irrésistible (soit 15mn d’argumentation lumineuse qui synthétise et l’esprit des Lumières, les apports les plus positifs de la Révolution française, et l’audace inouïe de l’écriture beethovénienne dont l’énergie dit une aube nouvelle pour l’humanité désireuse de se régénérer enfin – hors de la guerre et de la barbarie : un monde idéal que l’opéra et l’esprit de Beethoven ne cessent de proclamer en une prière nerveuse, ardente, déterminée : sublime ; ainsi comme un deus ex machina, autorité suprême Fernando / Fisher-Dieskau (irrépressible esprit de justice) réalise ce passage de l’obscurité, de l’obscurantisme à la lumière des fraternités rétablies / cd II, plage 8). BONUS : outre le Blu-ray disc high fidelity pure audio, ajouté pour chaque ouvrage, l’éditeur Deutsche Grammophon soigne la publication des livres cd avec pour chacun, une notice développée comprenant présentation de l’oeuvre ou de l’interprétation par le chef concerné, résumé / synopsis de l’action, enfin livret INTEGRAL traduit en français. Que demander de plus ? 3 OPERAS EVENEMENTS, CLICS de CLASSIQUENEWS de juin 2017. ______________________ OPERA, rééditions événements. Deutsche Grammophon : 3 livres cd comprenant les cd audio remastérisés + 1 blu-ray Disc HF Pure audio WAGNER : TRISTAN UND ISOLDE Windgassen · Nilsson · Talvela Wächter · Ludwig · Heater Chor und Orchester der Bayreuther Festspiele Karl Böhm (LIve Bayreuth 1966) VERDI : La Traviata Cotrubas · Domingo · Milnes Malagù · Jungwirth · Gullino Bayerischer Staatsopernchor Bayerisches Staatsorchester Carlos Kleiber (VIENNE, 1976 et 1977) BEETHOVEN : Fidelio Janowitz · Popp · Kollo · Sotin Fischer-Dieskau · Jungwirth Dallapozza Wiener Staatsopernchor Wiener Philharmoniker Leonard Bernstein, VIENNE 1978

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21 mai

CD coffret événement. KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon / Oeuvres sacrées et chorales enregistrées chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon.

CD coffret événement. KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon / Oeuvres sacrées et chorales enregistrées chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017. En livrée lilas fuchsia, le Karajan le plus spirituel voire mystique dilate le temps et fusionne l’espace, délivrant plusieurs joyaux sacrés qui s’apparentent ici à son testament artistique en plusieurs volets (et plusieurs versions). Le génie de la baguette du XX7 et certainement le maestro le plus médiatisé et populaire du XXè siècle poursuit sa résurrection par le disque, grâce aux archives Deutsche Grammophon (le chef aux 300 enregistrements sur 50 années d’activité en studio), toujours idéalement éditées ; ici, l’approche thématique vient combler une série de coffrets précédents dédiés aux opéras et aux apports symphoniques illustres. La recherche d’une sonorité et d’une esthétique dépassant chez Karajan le seul fait musical pour atteindre aussi une perfection technologique propre à l’enregistrement (comme Gould au fond), et qui vaut à ce nouveau cycle de réalisations… leur pesant d’or sonore. Songez voici en 29 cd, – reproduits avec pochette et visuel d’origine, plusieurs versions qui ont marqué et la carrière du chef et la culture musicale de millions de mélomanes, toujours curieux à l’idée de (re)découvrir une partition pourtant célèbre et déjà écoutée : évidemment le Requiem de Mozart (versions de 1961 puis 1975, avec le Berliner, puis de 1986 avec les Wiener Philharmoniker), mais aussi Ein Deutsche Requiem de Brahms de 1964 (Berliner) puis de 1983 (Wiener) ; de même les 3 versions de La Création de Haydn (Die Shöpfung), en 1965 (Wiener, LIve du Festival de Salzbourg), 1966 (Berliner), 1982 (Salzbourg). Sans omettre la Missa Solemnis de Beethoven : 1966, 1985 (Berliner). Figurent aussi parmi ses éblouissantes lectures, des Bach sur instruments modernes mais avec une finesse et une justesse spirituelle irrésistible : Passion selon St-Mathieu (1971-1972, Berliner); Messe en si (1973-1974, Berliner), ce que la caractérisation instrumentale perd en finesse et subtilité, la puissance poétique millimétrée gagne en profondeur. Idem pour les 2 versions du Requiem de Verdi : 1972 (Berliner), 1984 (Wiener). L’acte spirituel total version Karajan rejoint l’histoire politique et religieuse aussi comme en témoigne l’événement qui a marqué sa carrière comme compositeur non pratiquant mais sincèrement et profondément croyant : La Messe pontificale pour Jean-Paull II à Saint-Pierre de Rome, à l’occasion de la fête des Saints Paul et Pierre, le 29 juin 1985. Haydn, Mozart, Beethoven, Verdi… Testaments spirituels by HV Karajan Le coffret « Sacred & choral recordings » by Karajan chez DG Deutsche Grammophon regroupe donc l’essentiel d’une vie de chef bâtisseur et architecte, que la grande forme et les effectifs colossaux n’ont jamais alourdi ni détourner de sa vision claire, solaire d’un son impérial. Les connaisseurs retrouvent toute une génération de stars lyriques qui ont marqué aussi l’histoire de l’enregistrement en studio (Wilma Lipp, Anton dermota, Walter Berry, Eberhard Waechter, Kim Borg, Werner Krenn… ; également du cd, compact disc alors à son apogée : Barbara Hendricks, Gundula Janowitz, Edith Mathis, Christa Ludwig, Dietrich Fischer-Dieskau, Hermann Prey, Janet Perry, Gösta Winbergh, Peter Schreier, Fritz Wunderlich, Agnès Baltsa, Anna Tomowa-Sintow, José Van Dam, Trudeliese Schmidt, Mirella Freni, Francisco Araiza, Nicolai Ghiaurov, comme Vinson Cole, et surtout l’impossible et fugace Kathleen Battle (pour la Messe pour Jean-Paul II)… Le livret accompagnant le coffret, en anglais, allemand, japonais comprend une présentation documentée et la biographie du maestro légendaire. Un must absolu. ______________________ CD coffret événement. KARAJAN : « Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon » / Oeuvres sacrées et chorales enregistrées chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017 Tracklisting du coffret KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon / 29 cd DG BACH, JS : Mass in B minor, BWV232 Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), Karl Ridderbusch (bass) Berliner Philharmoniker Magnificat in D major, BWV243 Anna Tomowa-Sintow (soprano), Agnès Baltsa (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor) Berliner Philharmoniker St Matthew Passion, BWV244 Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), Dietrich Fischer-Dieskau (baritone) Berliner Philharmoniker Beethoven : Missa Solemnis in D major, Op. 123 (two performances) Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Fritz Wunderlich (tenor), Walter Berry (bass-baritone) Berliner Philharmoniker Brahms : Ein Deutsches Requiem, Op. 45 Gundula Janowitz (soprano), Eberhard Waechter (baritone) Berliner Philharmoniker BRUCKNER : Te Deum in C major, WAB 45 Anna Tomowa-Sintow (soprano), Agnès Baltsa (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), José Van Dam (bass) Berliner Philharmoniker HAYDN : The Creation (three performances) Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Fritz Wunderlich (tenor), Dietrich Fischer-Dieskau (baritone), Walter Berry(bass-baritone) Wiener Philharmoniker MENDELSSOHN : Symphony No. 2 in B flat major, Op. 52 ‘Lobgesang’ Edith Mathis (soprano), Liselotte Rebmann (soprano), Werner Hollweg (tenor) Berliner Philharmoniker MOZART : Requiem in D minor, K626 (three performances) Wilma Lipp (soprano), Hilde Rössel-Majdan (contralto), Anton Dermota(tenor), Walter Berry (bass-baritone) Berliner Philharmoniker Mass in C minor, K427 ‘Great’ Barbara Hendricks (soprano), Janet Perry (mezzo-soprano), Peter Schreier(tenor), Benjamin Luxon (bass) Berliner Philharmoniker Mass in C major, K317 ‘Coronation Mass’ Anna Tomowa-Sintow (soprano), Agnès Baltsa (mezzo-soprano), Werner Krenn (tenor), José Van Dam (bass) Berliner Philharmoniker Ave verum corpus, K618 Wiener Singverein Berliner Philharmoniker STRAVINSKY : Symphony of Psalms Chor der deutschen Oper Berlin Berliner Philharmoniker VERDI : Requiem (two performances) Mirella Freni (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Carlo Cossutta(tenor), Nicolai Ghiaurov (bass) Berliner Philharmoniker

Herbert von Karajan
(1908 – 1989)

Herbert von Karajan est un chef d'orchestre autrichien (5 avril 1908 - 16 juillet 1989). Spécialiste du répertoire austro-germanique de Bach à Bartók ainsi que de l'opéra italien, il a laissé près d'un millier d'enregistrements chez Deutsche Grammophon, EMI et Decca, ce qui en fait un des chefs les plus enregistrés du xxe siècle (entre 200 et 300 millions d'albums vendus).



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