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Musique classique et opéra par Classissima

Herbert von Karajan

vendredi 20 janvier 2017


Classiquenews.com - Articles

6 janvier

MAESTRO, un chef, un geste. OTTO KLEMPERER

Classiquenews.com - Articles Maestros. Le chef Otto Klemperer (1885-1973) : K comme Klemperer, ou les forces de l’esprit… A l’époque des Erich Kleiber, Bruno Walter ou Wilhelm Furtwängler (dont beaucoup voudraient nous imposer le génie musical toujours mésestimé), le roi Otto, entendez Otto Klemperer, « premier K » avant Karajan (1), (et comme lui bientôt chef attitré du Philharmonia Orchestra, l’orchestre de Walter Legge à Londres), incarne à la fois une force spectaculaire de travail et une compréhension magistrale des partitions, en particulier à l’opéra, et aussi au service des oeuvres de son temps. Otto Klemperer est né dans les années 1880, en 1885, c’est à dire qu’il appartient à la génération des grands chefs, témoins de la première guerre, puis inquiétés ou empêchés à cause du nazisme, et donc exilés aux States. C’est évidemment le cas du roi Otto, de naissance juive, (mais non pratiquant), qui sera parmi les premiers à mesurer à sa juste valeur la barbarie nazie, décidant de s’exiler dès 1935 aux States. Parmi ses contemporains, signalons les baguettes à fort tempérament, ainsi entre autres celle de Leopold Stokowski (1882-1977), Ernest Ansermet (1883-1969), Furtwägnler (1886-1954), Paul Paray (1886-1979), Hans Knappertsbuch (1888-1965), jusqu’à Fritz Busch (1890-1951) et Erich Kleiber (1890-1956)… LA DIRECTION, LE GESTE DE “KLEMP”… Ainsi s’inscrit un geste de la direction d’orchestre, dans son contexte esthétique, qui se distingue d’emblée par sa force de travail, une esthétique particulière dans la lecture des partitions : si l’on compare le geste de Klemperer à celui de certains de ses contemporains et confrères, immédiatement les éléments de son approche spécifique se distinguent, et avec eux, les fondements de cette « nouvelle objectivité », en particulier puissante et pleinement aboutie dans les années 1920 et 1930, c’est à dire quand Klemperer, né en 1885, a entre 35 et 45 ans. A l’opposé du sentimentalisme d’un Walter (en particulier chez Mahler, leur dieu à tous deux, et même plus que cela dans le cas de Klemperer : un mentor et protecteur), à l’opposé semblablement d’un Furtwangler qui semble lire la partition au moment où il l’a dirige, comme s’il la créait (sublime intelligence de l’instant), Klemperer affirme une mise en place phénoménale, une architecture lisible, avec à la clé des tempi souvent ralentis qui mettent en avant le chant des pupitres des bois et des cordes (comme les chanteurs dans le cas des opéras qu’il dirige). Chez Klemperer comme chez Karajan, tout est lisible, en particulier la ligne et les ornements de chaque instrument, assurant un relief instrumentalement individualisé, sans jamais pourtant sacrifier la tension globale ni la clarté de la mise en place. Ses Mozart (tous les opéras aujourd’hui réunis chez Warner, récemment réédités en un seul coffret : Le Nozze di Figaro, Don Giovanni, Cosi fan tutte, Die Zaubertflöte, réalisés dans les années 1960-1970 à Londres pour Waler Legge, producteur vedette de l’écurie Emi à l’époque) témoignent tous d’une battue lente, étonnament articulée, où perce la vitalité expressive des instrument individualisé, où cependant s’exprime aussi la puissante architecture et la gradation dramatique de l’action. En cela, Klemperer se rapproche d’Erich Kleiber (le père du légendaire Carlos) : même intelligibilité des instruments, même tempi ralentis assurant une expressivité d’un fini remarquable. MAESTROS : Un chef, un geste « K comme Klemperer »… L’INTUITION ET L’INTELLIGENCE MUSICALE. Outre sa direction singulière, la figure de Klemperer s’affirme aujourd’hui par l’autorité morale et artistique de sa personnalité ; c’et l’un des derniers chefs littéralement tyraniques, finalement pathétiques car ne parvenant pas à se maîtriser pendant le travail, hurlant souvent sur de pauvres instrumentistes, déjà humiliés par leur manque de niveau. Certains orchestre comme les russes, avaient bien compris la dérisoire perte d’énergie pour le chef que ses écarts malheureux lui causaient ; ils attendaient patiemment que le maestro en transe retrouve ses esprits… Pas sûr qu’aujourd’hui les orchestre syndiqués supportent de tels emportements ; et ils auraient raison. L’orchestre est une expérience collective qui suppose le respect partagé et l’écoute des autres. On a bien compris depuis qu’aucun orchestre ne saurait réussir sans cela. Cet état psychique a été depuis lors bien analysé (en particulier dans un remarquable essai écrit en allemand et récemment publié dans sa première traduction française par l’éditeur Notes de nuit, qui s’intéresse aux années allemandes de Klemperer : Otto Klemperer les années allemande, CLIC de classiquenews de décembre 2016 ). Diagnostiqué dès 1911, « maniaco-dépressif », c’est à dire une disposition psychique qui s’exprime par des écarts extrême d’humeur, passant de l’abattement suicidaire à l’euphorie irrésistible… Klemperer aura cependant grâce à la seule intelligence de sa baguette, réusit un tour de force en dirigeant de très nombreux orchestres et maisons d’opéras en Allemagne et ailleurs, ainsi de Prague (1907-1910, grâce au bon mot de Gustav Mahler son protecteur et modèle), Strasbourg (1914-1915), Cologne, Wiesbaden, Vienne, surtout Berlin où en 1927, il devient le directeur de l’Opéra Kroll, scène lyrique la plus active en matière de création et de renouvellement des formes théâtrales (son Oedipus Rex de Cocteau/Stravinsky (1928), avant que l’Europe ne bascule sous la pression illusoire des nationalistes, demeure dans ce sens, l’emblème le plus absolu de sa direction objective : ses détracteurs la trouvait “droite”, analytique, froide. Voilà la carrure d’un véritable créateur, protecteur des écritures les plus avantgardistes et modernes de son temps : Cardillac de Paul Hindemith (créé in loco en juin 1928), puis Erwartung de Schoenberg, créé idem en 1930, confirment une intuition en étroite connexion avec son temps. Trop scandaleux, trop moderne, trop expérimental, l’Opéra Kroll sera d’ailleurs fermé, officiellement pour des raisons budgétaires. Il n’y avait alors à Berlin et certainement en Europe, aucun autre lieu aussi audacieux que Kroll sous la direction de Klemperer. En réalité, le chef qui s’est toujours recherché une figure de père, avait cristallisé cette quête sur la personne de Gustav Mahler dont il avait créé la 7ème Symphonie à Prague en 1908 : une sorte de reconnaissance filiale de la part du compositeur exténué qui cependant avait aussi marqué le jeune Klemperer par sa direction moderniste à l’Opéra de Vienne (1897-1907). Comme Mahler à Vienne, Klemperer souhaitait marquer les esprits au Kroll de Berlin, en associant intelligemment toutes les disciplines du spectacle musical et lyrique. En cela les deux hommes auront totalement réussi, même s’ils ont connu l’échec et la non reconnaissance de leur contemporain… LA FORCE DE L’ESPRIT MALGRE LA MALADIE… Outre l’autorité humaine et musicale de l’individu, la ténacité de Klemperer dans sa maladie psychique si destructrice force l’admiration. Alors que tous le disent « fini » (dont Bruno Walter et aussi Toscanini), personna non grata en raison de son handicap caractériel, le chef réussit à revenir sur scène dans les années 1960 et 1970, à 75 et 85 ans (!), après une longue série de malaises, chutes diverses, liés à ses désordres mentaux (à cause desquels il sera en définitive viré du Los Angeles Philharmonic en 1939, après l’avoir dirigé depuis 1935). 15 années plus tard, après son périple américain, Londres et Walter Legge seront ses anges salvateurs : cherchant un remplaçant à Karajan (celui des années 1940 et 1950, qui souhaitait se refaire une image par le disque après la guerre), le producteur Legge trouve en Klemperer, l’homme providentiel : un être marqué physiquement par la tragédie intime (il dirige assis, se déplace en béquilles), mais au pupitre, s’affirme, transfiguré, le charisme d’un lion impérial, d’une ampleur de vision, irrésistible ; et d’une tendresse sublime (La Flûte enchantée, Cosi fan tutte, gravées respectivement en 1964 et en 1971 ; Cosi, assurément « testament artistique » d’une vivacité aérienne, d’une éloquence tendre et émotionnelle inoubliable). C’est tout le sens de ses enregistrements légendaires et fondamentaux pour tout mélomane, réalisés pour Emi (aujourd’hui réédités par Warner classics). Cette force de l’esprit suscite compassion et admiration, et l’on comprend qu’un chef comme Rafael Kubelik, autre immense mahlérien chez Deutsche Grammophon, ait reconnu avec finesse, ce qui porte l’homme Klemperer : la puissance d’un titan. D’autant que le chef est comme Mahler, ou le regretté Pierre Boulez, un compositeur. Son activité comme auteur devrait prochainement être réévaluée là aussi. ____________________________ (1) - Karajan que d’ailleurs le dit Furtwangler appelait le « petit K », voir ici la pièce éloquente sur le sujet Furtwangler / Karajan de Ronald Harwood : « A tort ou à raisons », toujours à l’affiche de certains théâtres, – avec l’inoubliable Michel Bouquet dans le rôle de « Furt », comme à l’Opéra de Vichy en ce mois de janvier 2017. _____________________________ DISCOGRAPHIE OTTO KLEMPERER Retrouvez ici les meilleurs enregistrements disponibles du chef Otto Klemperer, en majorité produits et édités par Emi / Warner Classics. Classiquenews présente chacun des coffrets en mettant en lumière leurs points forts et ce qu’ils nous apprennent de la direction et du geste du maestro légendaire, Otto Klemperer : COFFRET MOZART. Otto Klemperer et les opéras de Mozart : La Flûte, Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan tutte (Coffret WARNER 11 cd – 1964-1971 – Klemperer / Mozart : operas / 50999 4 04378 2 8 stereo add). Dans des prises aérées, d’un relief enthousiasmant, Otto Klemperer, pourtant âgé et handicapé, tout au moins diminué physiquement après ses multiples attaques et chutes, réalise en complicité avec Walter Legge à Londres, à la tête de l’orchestre créé spécifiquement pour leur projet studio – Philharmonia Orchestra puis New Philharmonia Orchestra. LA FLUTE ENCHANTÉE (1964). UNE FLUTE lumineuse, rayonnante d’intelligence et de poésie émotionnelle. Outre un tempo de fait le plus étiré et lent qui soit au disque, Klemperer fait de l’ouverture de La Flûte enchantée de Mozart, premier enregistrement londonien, réalisé dès mars et avril 1964, une lecture instrumentalement ciselée, qui saisit par la plasticité et le relief des instruments mélodiques : en particulier dans le choix de la prise de son et aussi emblème d’un travail sonore spécifique, une harmonie très mise en avant dans son rapport continu avec le tapis des cordes : ainsi les bois sont-ils acteurs en pleine lumière (hautbois, flûte, clarinette..) dont il fait une vraie symphonique concertante. Cela respire, s’ouvre sur un tableau beethovénien, pastorale bucolique et tendre d’un souffle irrésistible : Haydn et Beethoven, combien les deux doivent à l’intelligence mozartienne. Voilà ce que nous apprend Klemperer dans cette version enregistrée, la première du cycle en studio réalisé avec le Philharmonia Orchestra créé par l’ingénieur producteur chez Emi, Walter Legge, heureux ainsi au début des années 1960, d’avoir enfin trouvé en Otto, un digne successeur de l’immense et précédent Karajan. L’immersion dans le drame qui suit dès l’ouverture de la panique de Tamino, poursuivi par le monstre, est énoncée avec la même mesure et ce relief délicat, nuancé, sotto voce des cordes : un miracle d’écoute intérieur. Quelle leçon de direction et de conception globale. Outre la très juste caractérisation des personnages par le choix des solistes et de leur couleur vocale (Gedda vaillant lumineux en Tamino ; Gundula Janowitz, rayonnante et non moins ardente Pamina, prête à la métamorphose des coeurs; le sourire du Papageno de Walter Berry; une Reine de la nuit, introvertie et délicatement humaine qui renouvelle la perception du personnage : Lucia Popp étincelante de sensibilité, à laquelle répond la tendresse enivrée du Sarastro de Gottlob Frick… sans omettre parmi les 3 dames de grand luxe et subtilité émerveillée, donc dès ce début dramatique : Schwarzkopf et Ludwig), tout cela vit, d’une intelligence et d’un goût que le poids des années n’a en rien entamé. Une Flûte pour l’éternité : jaillissement de vie et d’intelligence musicale, de goût, d’articulation (avant l’apport des baroqueux et des instruments d’époque). Immense legs d’autant plus inestimable que Klemperer est à la fin de sa carrière, que ses tempos, si décriés parce que lents, apportent une profondeur et une gravità d’une éloquence majeure. A mille mieux de le sensiblerie contemporaine, de l’outrance des batteleurs baroqueux, de l’apesanteur d’un Furwangler (auquel on a voulu à tort le rapprocher à cette époque en raison de ses tempi étirés). Dans le cas des Noces de Figaro (Londres, New Philharmonia Orchestra, janvier 1970), même qualités identifiantes remarquées que dans La Flûte : tempo ralenti, relief éloquent des bois, et d’une manière générale un sens de l’articulation à chaque pupitre idéalement : – on entend tout, grâce à une clarification des cordes, souvent exemplaires sur le plan de la seule intelligibilité instrumentale (perfection des unissons). Les plus réticents reprocheront une perte de la vitalité globale à cause de ce ralenti globalement architecturé ; pour nous c’est tout l’inverse en définitive ; c’est même un critère qui inscrit le regard du « vieux Klemp » dans un cercle de lecture définitivement magistrales par leur cohérence et leur fini esthétique, comme peu l’être son contemporain Erich Kleiber (le père de Carlos), également phénoménale interprète des Noces (à écouter en urgence pour les amateurs de l’opéra). L’urgence et l’activité qui se déploient depuis l’orchestre, grâce dans les deux cas, au remarquable travail du chef, reste une expérience mémorable pour le mélomane; ensuite, outre le travail passionnant de l’orchestre (écoutez les bois : bassons, hautbois, flûte avant l’entrée du premier duo Figaro/Susanna), le choix des solistes produit des avis qui changent selon le goût. Par exemple on peut regretter l’acidité du timbre de Reri Grist dans le rôle de cette dernière, mais sa constance articulée reste irréprochable ; de même, l’épaisseur engorgée un peu droite et linéaire par sa rusticité du Figaro de Geraint Evans. C’est surtout le couple des nobles qui saisit comme dans La Flûte, en leur si subtile caractérisation : l’Almaviva de Bacquier et la Comtesse d’Elisabeth Södeström, touchent par leur justesse et leur profondeur. La version de ce début des années 1970 révèle la palpitation ardente et caressante de la jeune Teresa Berganza, Cherubino souple et mezzo tout autant perçant, d’une vie là aussi éclatante : d’autant que le tempo de son premier air : « Non so più… », respire dans une lenteur suspendu, a contrario de toutes les versions du XXème qui ont suivi et dans lesquelles seul tempo – précipité, expédié, signifie depuis la panique du désir qui surgit alors ; octogénaire magicien, Klemperer, articulé, nuancé, ivre, ouvre une toute autre perspective à cet air où palpite l’éros d’une volupté naissante adolescente. Quelle justesse et quelle audace là encore. Comme il laisse s’épanouir le timbre des instruments, le chef permet au timbre de la Berganza de séduire et captiver. Son Cosi fan tutte, également enregistré à la fin de la série londonienne (février 1971 avec le New Philharmonia Orchestra), on y retrouve le parfois lourdaud Gugielmo de Geraint Evans. Mais le Ferrando, percussif, articulé de Luigi Alva, et le Ferrando, plein de malices comme de paternalisme feint (Hans Sotin) marquent les esprits, outre l’orchester qui déploie un véritable festival de nuances instrumentales. Les deux victimes du pari, Fiodiligi et Dorabella : Margaret Price et Yvonne Minton s’imposent aussi par leur intelligence expressive et leur grand sens du texte. L’articulation : voilà le maître mot de cette lecture, musicalement orfévrée, cultivé au diapason du coeur : n’écoutez que le début orchestral qui ouvre la première scène des soeurs napolitaines (scène 2 : « Ah guarda sorella »…, Klemperer en un tempo lent et magnifiquement articulé, nous dit tout de leur portrait psychologique respectif. Réjouissant. _____________________ BIBLIOGRAPHIE LIVRES, compte rendu critique. Otto Klemperer (Editions Notes de nuit, la beauté du geste). Paru originellement en allemand en 2010 à Cologne, cette biographie très détaillée et complète sur le plan de la mise en contexte (artistique, sociale, politique…) s’affirme comme le document le plus complet sur la vie du chef Otto Klemperer (1885-1973) à ce jour … LIRE notre compte rendu complet du livre Otto Klemperer (Editions Notes de nuit, la beauté du geste). _____________________ A venir présentation des coffrets Klemperer chez Warner classics : Mahler, La Flûte Enchantée, Compositeurs du XXè …

Les bons plans de la musique classique

30 décembre

URGENT : vente flash Karajan 1970s à 107€ !!!

Le coffret Karajan 1970s (DG, 82 CD) est en ce moment proposé à 106,99 € seulement au lieu de 280 € en vente flash, cette fois sur Amazon IT ! Merci à Yves S. !




Le blog de Philopera

23 décembre

Beethoven: Fidelio ( deux versions). Critiques de Sergio Segalini

Leonore : Christo Ludwig ‑Florestan : Jon Vickers - DonPizarro : Walter Berry - Rocco : Gottlob Frick - Don Fernando : Franz Cross - Marzelline : Ingeborg Hallstein - Jaquino : Gerhord Unger Philharmonia Chorus and Orchestra dir. Otto Klemperer Enregistré à Londres en février et mars 1962, cette intégrale (amputée de l'Ouverture Leonore III) marquait les débuts au disque du grand chef dans le domaine de l'opéra. EMI, qui lui avait fait rencontrer Callas lors d'un cocktail à Londres, n'obtiendra pas la collaboration tant sou­haitée entre ses deux artistes exclusifs. En revanche, Klem­perer se laissera convaincre de graver, en 1964, une Flûte en­chantée miraculeuse mais pri­vée des dialogues parlés. Après un voyage à Bayreuth, il se lan­cera dans le Vaisseau fantôme, littéralement subjugué par la personnalité d'Anja Silja qui aurait dû être sa Brünnhilde au disque (mais, comme celle de Bruno Walter, la Walkyrie de Klemperer s'arrêtera au pre­mier acte).Son Fidelio est un chef-d'oeu­vre, malgré la présence d'ac­teurs qui remplacent les chan­teurs dans les dialogues parlés et détruisent la continuité de la lecture. L'ouverture, l'introduc­tion du quatuor du premier acte, le prélude dans le tom­beau de Florestan, possèdent une force d'évocation unique. Dans les passages héroïques (l'air de Leonore, le récit de Florestan, le grand finale) la di­rection acquiert une vigueur et une majesté exceptionnelles. Le génie de Klemperer, dont Hungaroton avait publié en 1982 une version sur le vif à l'Opéra de Budapest captée en 1948, et Melodram une soirée de 1961 à Covent Garden avec Sena Jurinac en Fidelio, est d'avoir trouvé le juste équilibre entre la culture néo-classique de Beethoven et son ouverture sur le romantisme. Le maestro oublie le banal Singspiel des premières scènes et se concen­tre essentiellement sur le drame des deux protagonistes, suivant l'exemple de Gluck et de Cherubini.La distribution est presque idéale malgré la fatigue vocale de Gottlob Frick (déjà Rocco avec Furtwângler en 1953 chez EMI et avec Fricsay en 1957 chez DG) et le chant médiocre de Walter Berry dont le timbre n'a pas le mordant exigé par Pi­zarro. Jon Vickers est incompa­rable dans Florestan, plus enga­gé et plus spontané qu'avec Karajan en 1970, où une certai­ne préciosité nuit à la caractéri­sation du personnage. Ludwig est souveraine en Leonore, sans aucun doute la plus convain­cante de la discographie de stu­dio. La tessiture de soprano ne la gêne réellement que dans l'extrême aigu, mais les sopra­nos elles-mêmes connaissent ici des problèmes de justesse. Si Karajan était parvenu à la convaincre, nous aurions connu une immense Brünnhilde... mais le plateau du Festspiel­haus de Salzbourg lui faisait peur. Au disque, l'aventure au­rait été exaltante. Leonore : Kirsten Flagstad ­Florestan : René Maison - Don Pizarro : Julius Huehn - Rocco : Alexander Kipnis - Don Fernando : Herbert Janssen - Marzelline : Morita Farel) - Jaquino : Karl Laufkoetter New York Metropolitan Chorus and Orchestra dir. Bruno Walter Les grandes Leonore font toujours de gran­des Brünnhilde.Kirsten Flagstad qui d'ailleurs avait à son répertoire l'Alceste de Gluck, en offre la preuve la plus concluante. De ses quatre éditions sur le vif (au Met en 1938 avec Schorr et List, puis en 1941 avec Kipnis, à Salz­bourg en 1950 avec Schwarz­kopf et Furtwângler, en Suède en 1951 avec Svanholm) Nuova Era a choisi la seconde soirée new yorkaise. La direc­tion de Bruno Walter est à l'opposé de celle de Klemperer. Nerveuse et tendue, rapide. presque haletante. elle situe la partition dans le contexte fré­nétique et angoissant des folles journées mozartiennes L'or­chestre n'est certes pas  pourtant ex­ceptionnel et n'est pas en mesure de traduire la couleur exacte recherchée par Walter. Cela ne retire rien en re­vanche à la  rythmique imposée par un chef qui ne dirige pas, comme Klemperer un sublime concert mais un drame théâtral.Flagstad est unique et irréprochable. Il faut entendre sa voix pénétrante et sensuelle s'inté­grer au quatuor puis se faire à la fois héroïque et pathétique dans Abscheulicher Aucu­ne interprète ne sera aussi fé­minine et volontaire. amoureu­se et autoritaire. René Maison. son Florestan au Met déjà en 1938, est parfois en difficulté. comme d'ailleurs la plupart de ses collègues. Remarquables en revanche le Pizarro d'Herbert Janssen à l'accent fier et noble et le Rocco de Kipnis qui nous fait entrer à nouveau dans la lé­gende. Peu d'enregistrements de Fidelio (et ils sont nom­breux) atteignent à ces som­mets même si, du côté live, on écoutera toujours le Furt de Salzbourg. Mars 1990 ( reproduction avec l'accord de l'auteur)



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16 décembre

LIVRES, compte rendu critique. Otto Klemperer (Editions Notes de nuit, la beauté du geste).

LIVRES, compte rendu critique. Otto Klemperer (Editions Notes de nuit, la beauté du geste). Paru originellement en allemand en 2010 à Cologne, cette biographie très détaillée et complète sur le plan de la mise en contexte (artistique, social, politique…) s’affirme comme le document le plus complet sur la vie du chef Otto Klemperer (1885-1973) à ce jour. On doit à l’auteure une biographie déjà remarquée, dédiée à Friedelind Wagner, la petite fille (lumineuse) de Wagner. L’introduction précise tous les apports du texte, tous les manques qu’il répare, les compléments inédits méconnus pourtant jusque là, les contre vérités qu’il identifie et écarte. L’étude se focalise sur les années allemandes d’Otto Klemperer, génie de la baguette, compositeur lui-même (ce qui lui permait de « comprendre » mieux que quiconque les partitions qu’il est invité à créer), mais qui sur le plan humain est terriblement affecté par un désordre psychique qui le rend souvent insupportable. Otto Klemperer en Allemagne Chef charismatique et contemporain Chacun peut se faire une idée très précise des éléments qui ont conditionné à la fois l’activité artistique du chef, et surtout sa personnalité déroutante, d’une humeur inqualifiable, reconnectée ici avec la réalité de sa santé mentale : celle, finalement pathétique, d’un maniaco dépressif aux crises aussi violentes que son activité artistique exigeait de sa personne. Dès ses premiers engagements, les phases se répètent : périodes de suractivité à la limite du burning out, puis effondrement physique et psychique où le repos s’impose (de fait, Otto Klemperer peut disposer des conseils de son cousin et médecin de Berlin, Georg, un proche qui le suit toute sa vie… préconisant pause silencieuse pour se régénérer). Même aux USA pendant la guerre en 1949, il sera hospitalisé, diagnostiqué « fou », interné, ce qui lui coûtera son poste de directeur du Los Angeles Philharmonic. Mais toujours le titan se relève, alors grâce à sa maîtresse Maria Schacko, épouse du chef spécialiste de Weill, Maurice Abravanel – Maria, était la fille de la célèbre cantatrice Hedwig Schacko, laquelle aurait été la maîtresse de … Mahler ! Filiation et parallèle saisissant s’il en fût – car Klemperer s’est toujours considéré comme le fils spirituel de Gustav. Soutien des années de galère aux USA, Maria croyant en ses capacités de rémission, l’accompagne et réussit par amour à le « ressusciter » : le témoignage de cette femme admirable est retranscrit. Il illumine l’une des périodes les plus sombres de sa vie, quand tout le monde (Toscanini et Walter, entre autres) le disaient « fini ». Les rapports de Klemperer à son identité juive, comme les épisodes évoquant son activité de compositeur (essentielle à ses yeux – moins pour ses contemporains souvent décontenancés) comme le soulignent les pages relatant la création des lieder ou sa Messe, sont des éléments également majeurs du texte. A Hambourg, Strasbourg (alors allemande), Cologne, Wiesbaden, à Vienne (sur les traces de son idôle, Gustav Mahler), surtout Berlin à la tête de l’Opéra Kroll, -scène parmi les plus expérimentales et innovatrices de l’époque (1927-1933), c’est à dire juste avant le nazisme, se précise une idée de modernité pour l’opéra et la musique symphonique, inscrite dans l’urgence de l’instant et de la spiritualité qui rétablit aussi le lien entre musique et peuple, participant à l’éducation et donc à la pacification sociale. Ce projet artistique et citoyen, courageux à son époque, est d’autant plus passionnant à lire à la nôtre, où le vivre ensemble affronte la pression des communautarismes. De son temps, Otto Klemperer plus animé par des questions artistiques que sociétales, milite pour sa propre vision esthétique, – non sans une autorité doctrinale, réussissant comme chef, des lectures unanimement admirées qui s’appuient aussi sur la coopération choisie de grands metteurs en scène : Fidelio, Cosi, surtout Le Vaisseau fantôme (version plus « dure », âpre de 1843, créée au Kroll, 1929). Mais sa connaissance intime des oeuvres, le rapproche des écritures contemporaines et pour ses confrères comme ses publics, Klemperer est surtout un chef doué pour les créations : La Ville Morte de Korngold (avec sa future femme Johanna Geisler, ainsi créatrice du rôle hallucinant de Marietta, sirène provoquant le héros Paul endeuillé), Le Nain de Zemlinsky, Palestrina de Pfitzner, Cardillac de Hindemith, Oedipus Rex de Stravinsky, Erwartung de Schoenberg… sont autant de créations qu’il a assuré et assumé, soit quelques accomplissements à placer au nombre de ses réussites mémorables. A travers l’évocation du contexte, se révèlent souvent les affrontements de narcissismes inquiets et jaloux où chacun affirme avec passion et souvent susceptibilité la défense de ses propres œuvres ; ainsi sont réévaluées les relations de Klemperer avec Pfitzner (son professeur), avec Busoni, et en particulier le déjà cité Mahler et son héritage comme chef d’orchestre (à Vienne)… et comme compositeur (une double activité que Klemperer partage avec l’auteur du Chant de la Terre) ; les nombreuses séquences mettant en lumière les témoignages des contemporains sur l’art de la direction incarnée par Klemperer, sont passionnantes, tous relatent une énergie palpitante, – meilleure emblème de cette « nouvelle objectivité », à la fois tendue, claire qui écarte toute sentimentalité au profit de l’expressivité. En cela, Klemperer se démarque totalement de ses confrères chefs d’orchestre : Furtwängler (passésite et admirateur des grands auteurs germaniques décédés), Bruno Walter (trop sentimental et un vrai rival dans la gestion de l’héritage mahlérien), le bavarois Knappertsbuch aussi (résolument orienté Beethoven et Wagner)…. L’acuité expressive, « droite », précise ; l’architecture, la gradation dramatique, l’éclat de la structure… sont autant de qualités exceptionnelles qui distinguent aujourd’hui le maestro, capable de pousser des cris injurieux, de vociférer quitte à se décrédibiliser, face à ses musiciens (en particulier lors d’une tournée en Russie en 1927). Très grand, le regard acéré, les sourcils épais et ténébreux, Klemperer avait tout du guide charismatique et spectaculaire. En 1933, il est l’un des premier à quitter l’Allemagne nazie, prévoyant la barbarie antisémite et sectaire à venir. ll s’exile aux USA, à partir de juin 1935, devenant le directeur du Philharmonique de Los Angeles (jusqu’en 1939)… En 1952, il signe son contrat d’enregistrement avec Emi, dirigeant alors les orchestres fondés par l’ingénieur et producteur maison, Walter Legge, LPO (London Philharmony Orchestra), puis en 1964, le New Philharmonia Orchestra : c’est pour Klemperer une nouvelle vie, un regain de vitalité analytique et expressive dont rend compte aujourd’hui le disque. C’est dernière période, américaine puis entre Londres et Zurich (où il meurt en juillet 1973), n’est pas développée dans le texte qui comme a l’a dit s’intéresse principalement à ses années allemandes, c’est à dire jusqu’en 1933. Cette dernière partie de la carrière, l’une des plus florissantes en réalité, où comme Karajan – interdit de salles de concerts pour cause de collusion avec le nazisme, malgré son procès en dénazification, Klemperer pourtant âgé, vit une activité régénérée grâce au disque, alors naissant. Il reste que Notes de nuit réalise la traduction en français d’un texte capital, où l’époque de Klemperer, celle de Richard Strauss, Gustav Mahler, Schoenberg et Berg, marqué par les deux guerres mondiales, où la personnalité d’Otto Klemperer gagnent un relief particulièrement vivant. En complément, de nombreuses lettres de contemporains, de sa fille Lotte et de lui-même précisent encore par le détail de certaines circonstances, l’éclat d’une pensée unique : se distinguent entre autres, le témoignages de Kubelik relevant avant tout chez Klemperer, la force admirable de l’esprit et concernant les quelques lettres du chef, celles échangées avec Paul Dessau, qui révèlent la position de Klemperer vis à vis de la judaité, sciemment assummée contre tout extrêmisme partisan. Passionnante lecture. ________________________ LIVRES. Compte rendu critique. Eva Weissweiler : Otto Klemperer, les années allemandes (Éditions Notes de Nuit). CLIC de classiquenews.com de décembre 2016

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10 décembre

CD, coffret événement. Compte rendu critique. Karajan: Official remastered Edition (100 cd, Warner Classics)

CD, coffret événement. Compte rendu critique. Karajan: Official remastered Edition (100 cd, Warner Classics). Warner, qui possède le riche catalogue d’EMI Classics, regroupe ici l’intégrale des enregistrements réalisés par le chef salzbourgeois Karajan pour les studios d’EMI alors piloté par Walter Legge, d’abord dans l’immédiat après guerre, soit dès 1946, quand le maestro en raison de ses accointances avec le parti nazi était interdit de salles de concert ; qu’importe il allait se tailler sa propre statue magistrale par le disque et l’enregistrement. Ainsi Karajan enregistre un très vaste répertoire jusqu’en 1960. Puis, suit un second cycle plus récent, de 1969 à 1984. L’intégrale de 13 coffrets regroupe pas moins de 100 disques, dont chaque concert archive a été remastérisé. L’amateur comme le néophyte peut ainsi suivre la quête du son absolu qui porta Karajan toute sa vie : à Vienne donc déjà entre 1946 et 1949, à la tête des Wiener Philharmoniker ; à Londres avec le Philharmonia Orchestra (Messe en si de JS Bach avec Schwarzkopf ; Missa Solemnis de Beethoven, et les quatre derniers lieder de Strauss, idem) ; surtout la première (promise à de nombreuses autres suites pour Decca et deutsche Grammophon plus tard) intégrale des Symphonies de Beethoven, le cycle pilier et axial, ici enregistré avec le Philharmonia à Londres, entre 1951 et 1955 : le nerf, l’hédonisme, le son sculptural se définissent ici ; deux coffrets mettent l’accent sur les perles studio réalisées avec les grands solistes de l’heure, ceux des années 1948-1958 (Concertos pour piano de Schumann et Mozart avec Dino Lipati ; Concertos pour piano de Mozart et de Beethoven avec Walter Gieseking … ) puis entre 1969-1984 (Mutter, Weissenberg,…) ; chef charismatique et inéluctablement lié au destin des Berliner Philharmoniker, Karajan étend toujours plus loins son formidable répertoire : les Russes (Moussorgski, Tchaikovski, Borodine, Balakirev et Stravinsky…); les Français (avec l’Orchestre de Paris : Debussy, Ravel, Bizet, Gounod, Berlioz, Franck…) ; les Tchèques (Smetana, Dvorak,…) ; Warner / Emi réédite enfin les Symphonies de Sibelius (2, 4, 5, 6 et 7) ; l’odyssée symphonique avec le Berliner Philharmoniker est largement illustrée, alternative à celle également enregistrée pour Deutsche Grammophon : voici pas moins de 4 coffrets berlinois indiquant la mesure d’un travail orchestral propre aux années 1970- 1980, devenu à juste titre exemplaire. Le champs artistique est large et le nombre des compositeurs, principalement des XIXè et XXè, affirme alors l’appétit de l’orchestre et de son chef nommé à vie : grands romantiques germaniques, Viennois fondateurs de l’écriture symphonique au XVIIIè/XIXè, : Brahms, Bruckner, Wagner, R. Strauss (1970-1981); Symphonies de Haydn, Mozart, Schubert (1970-1981); musique chorale de Haydn (Les Saisons), Beethoven (Missa Solemnis), Brahms (Ein Deutsches Requiem, 1972-1976, avec les solistes : Gundula Janowitz, Anna Tomowa-Sintow…); notre coup de coeur, outre la première intégrale Beethoven ci dessus mentionnée (fondatrice), demeure le coffret de 4 cd, dédié au plus grand compositeur symphoniste du XXè, aux côtés de Strauss et Mahler (que Karajan n’aborda qu’exceptionnellement : trop démonstratif pour sa pudeur autrichienne?) : Sibelius (1976-1981), soit les Symphonies 1,2, 4, 5 et 6, et les poèmes symphoniques En Saga, Le cygne de Tuonela, Suite Karelia, Finlandia, Valse Triste, Tapiola… Artistiquement, techniquement l’intégrale est historique. Incontournable. CD, coffret événement. Karajan: Official remastered Edition (Warner Classics). 13 coffrets : 100 cd. Intégrale en coffret unique ou par coffret séparé. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2016.

Herbert von Karajan
(1908 – 1989)

Herbert von Karajan est un chef d'orchestre autrichien (5 avril 1908 - 16 juillet 1989). Spécialiste du répertoire austro-germanique de Bach à Bartók ainsi que de l'opéra italien, il a laissé près d'un millier d'enregistrements chez Deutsche Grammophon, EMI et Decca, ce qui en fait un des chefs les plus enregistrés du xxe siècle (entre 200 et 300 millions d'albums vendus).



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