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Musique classique et opéra par Classissima

Herbert von Karajan

jeudi 23 mars 2017


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17 mars

Le blog-notes de Claude Samuel Carmen, de Favart à Garnier, de Garnier à Bastille – Mr K – Peter Brook – Régine Crespin à New York – Femme fatale ?

Les blogs Qobuz La création de « Carmen », le 3 juin 1875, ne fut pas une partie de plaisir pour Georges Bizet, qui mourra trois mois plus tard, à trente-six ans. Caricature par Henri Meyer Carmen, l’opéra français le plus populaire, qui fut arrangé à toutes les sauces et renfloua les caisses de bien des théâtres en perdition. L’incontournable Carmen actuellement à l’affiche de l’Opéra-Bastille (24 représentations avant la pause estivale !) qui, lui, n’est pas en perdition. Chère Carmen, dont j’ai suivi si souvent le tragique destin sur tant de scènes nationales et internationales. Souvenir de ma première Carmen à Garnier, qui fit grand bruit à l’époque où l’état de l’Opéra de Paris n’était guère brillant. Mais la somptueuse (et très réaliste) mise en scène de Raymond Rouleau avait été acclamée et le couple (à la scène comme à la ville) Jane Rhodes – Roberto Benzi tenait la corde chez les people. C’était en 1959, la première fois que Carmen quittait Favart pour Garnier et les puristes, qui ne savaient pas, les pauvres, ce qui les attendait, firent grand bruit. La deuxième Carmen gravée dans ma mémoire est celle qu’Herbert von Karajan dirigea et tint à mettre lui-même en scène au Festival de Salzbourg, en 1966. Comme on peut l’imaginer, Mr. K n’avait pas donné dans la sobriété, mais il y avait sur le plateau, portés par une foule de soldats et de cigarières que Georges Wakhevitch, le collaborateur de Jean Renoir et de Marcel Carné, avait somptueusement vêtus, la flamboyante Grace Bumbry dans le rôle-titre, face au Don José de Jon Vickers, et l’Escamillo de Ramon Vinay, et la Micaëla de Mirella Freni, ce qui valait largement le voyage. Ma troisième Carmen notable date de 1981, et ce fut un vrai choc que cette Carmen revue et corrigée par Peter Brook, intitulée La tragédie de Carmen, dans ce Théâtre des Bouffes-du-Nord dont nous découvrions dans l’extase les murs lépreux, cette Carmen incarnée par la magnifique Hélène Delavault. Une Carmen que j’ai suivie à New York où l’avait emmenée, pour quelques représentations exceptionnelles, mes amis Judith et Samuel Pisar. Réservée aux membres du Parti ! Ma quatrième Carmen me fit également voyager : Carmen à Pékin ! Dans le cadre des échanges culturels franco-chinois, l’opéra de Bizet avait associé au pays du Petit livre rouge une équipe française de production (René Terrasson pour la mise en scène, Jean Périsson au pupitre) et des chanteurs et chanteuses chinois. Ma Carmen s’appelait Miao Qing, mon Don José, Lin Jin Yuan. Quelques jours avant les deux ou trois représentations prévues, les censeurs officiels s’étaient fait traduire le livret, et avaient limité l’entrée aux invités du Parti ! De Teresa à Régine J’ai oublié ma cinquième, ma sixième, ma septième Carmen, mais pas celle qui, dans les bras de Claudio Abbado et de Teresa Berganza, fit un retour bref mais remarqué à Favart – le bonheur ! –, ni la monstrueuse Carmen sonorisée du Palais des Sports, ni la Carmen que Régine Crespin a interprétée au Metropolitan Opera de New York mais, malgré un enregistrement dirigé à l’époque par Alain Lombard, qu’elle n’a jamais osé chanter à Paris où la guettait une armée de siffleurs patentés. Quant à la dernière en date de mes Carmen, la semaine dernière donc à Bastille, elle restera comme la plus sexuellement provocante de mon catalogue, la plus impudique et, comme l’a indiqué dans son compte-rendu l’une de mes consœurs, la plus vulgaire, hélas ! Cette production, signée par le metteur en scène espagnol Calixto Bieito, frère de sang d’Almodovar, a déjà fait un petit tour d’Europe depuis son apparition, en 1999, au Festival de Peralada. Venise, Barcelone, Londres… « J’ai avant tout, annonce notre metteur en scène dans la notice du programme, cherché à libérer cet opéra des clichés (…) C’est commettre une erreur, je crois, de voir en Carmen une femme fatale » Et pourtant… Quatre Carmen (et trois chefs) sont à l’affiche de Bastille au cours des prochaines semaines. J’ai hérité de la jeune française Clémentine Margaine, bien mal attifée dans le rose bonbon mais dont le beau timbre, qui lui valut naguère une « Révélation de l‘Adami », n’est pas en défaut. Roberto Alagna est à la hauteur de la tâche et de sa réputation mais, pour moi, la révélation de la soirée est la Micaëla d’Aleksandra Kurzac, si touchante dans ce rôle où la niaiserie l’emporte généralement sur l’émotion. À l’époque déjà, les mauvais garçons ne roulaient pas en bicyclette… © Vincent-Pontet (OnP) Les moralistes Enfin, lorsqu’au début du troisième acte, un jeune comédien a surgi sur la scène en se dévêtant lentement, intégralement (ne cherchez pas la raison !), j’ai songé à la vindicte des moralistes du premier soir, le 3 mars 1875 : « Peste soit de ces femelles vomies de l’enfer, et quel singulier opéra-comique que ce dévergondage castillan (…) L’état pathologique de cette malheureuse est un cas fort rare heureusement, plus fait pour inspirer la sollicitude des médecins que pour intéresser d’honnêtes spectateurs venus à l’Opéra-Comique en compagnie de leurs femmes et de leurs filles ». Signé Oscar Comettant. On ne peut, malgré tout, que se réjouir de la disparition des ligues de vertu… Sinon, que faire avec Lulu ? Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de mars 2017 : « Ce jour-là, 25 mai 1887 : l’incendie de l’Opéra-Comique »

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20 mars

Un hommage partiel à Rostropovitch

« Slava ! », l’art de Rostropovitch. Antonin Dvořák (1841-1904) : Concerto pour violoncelle et orchestre ; Piotr Ilyitch Tchaikovsky (1840-1893) : Variations sur un thème rococo pour violoncelle et orchestre ; Andante cantabile transcrit du premier quatuor op. 11 ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violoncelle et orchestre n°1 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour violoncelle et piano, Introduction et polonaise brillante pour violoncelle et piano ; Robert Schumann (1810-1856) : Adagio et allegro pour violoncelle et piano ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : Vocalise ; Alexandre Borodine (1833-1887) : Chœur et danses polovtsiennes du « prince Igor ». Serge Prokofiev (1891-1953) : Adagio de « Cendrillon » ; David Popper (1843-1913) : Danse des elfes ; Nicolo Paganini (1782-1840) : Moto perpetuo. Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan ; Boston symphony orchestra, Seiji Ozawa ; Orchestre symphonique de la radio de l’Union, Grigory Stolyarov ; Martha Argerich, Rudolf Serkin, Alexandre Dedyukhine, Naum Walter, Vladimir Yampolsky : piano. 3 CD Deutsche Grammophon. Enregistrements réalisés à Berlin, Boston, Munich, Varsovie de 1956 à 1978. Notice trilingue (français, anglais et allemand). Durée : 188'.




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11 mars

Pierre Fournier, respect absolu de l’esprit et du style

PIERRE FOURNIER EDITION - Intégrale des enregistrements chez Deutsche Grammophon, Decca et Philips. Œuvres de Johann Sebastian Bach (1685-1750), Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Ernest Bloch (1880-1959), Luigi Boccherini (1743-1805), Johannes Brahms (1833-1897), Max Bruch (1838-1920), Frédéric Chopin (1810-1849), François Couperin (1668-1733), Claude Debussy (1862-1918), Antonín Dvořák (1841-1904), Sir Edward Elgar (1857-1934), Gabriel Fauré (1845-1924), César Franck (1822-1890), François Francoeur (1698-1787), George Gershwin (1898-1937), Charles Gounod (1818-1893), Edvard Grieg (1843-1907), Joseph Haydn (1732-1809), Édouard Lalo (1823-1892), Felix Mendelssohn (1809-1847), Joaquín Nin (1879-1949), Niccolò Paganini (1782-1840), David Popper (1843-1913), Nikolai Rimsky-Korsakov (1844-1908), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Franz Schubert (1797-1828), Robert Schumann (1810-1856), Richard Strauss (1864-1949), Igor Stravinsky (1882-1971), Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893), Antonio Vivaldi (1678-1741), Carl Maria von Weber (1786-1826). Pierre Fournier, violoncelle. Wolfgang Schneiderhan, Henryk Szeryng, violon ; Giusto Cappone, Ernst Morawec, alto. Karl Leister, clarinette. Géza Anda, Wilhelm Backhaus, Lamar Crowson, Jean Fonda, Rudolf Firkušný, Friedrich Gulda, Wilhelm Kempff, Ernest Lush, piano. Festival Strings Lucerne, direction : Rudolf Baumgartner. Stuttgarter Kammerorchester, direction : Karl Münchinger. Orchestre des Concerts Lamoureux, direction : Jean Martinon. Wiener Philharmoniker, direction : Clemens Krauss, Rafael Kubelík. Berliner Philharmoniker, direction : Herbert von Karajan, George Szell, Alfred Wallenstein. 1 coffret de 25 CDs Deutsche Grammophon 4796909. Code barre : 028947969099. Enregistré entre septembre 1952 et mars 1984 à Londres, Paris, Berlin, Hanovre, Munich, Boswil, Genève, Vevey, Zurich, Vienne. ADD [stéréo/mono]. Notices de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 26 h 57’.

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10 mars

CD. Grace Bumbry : The art of Grace Bumbry (1957 – 1967), 8 cd + 1 dvd, Deutsche Grammophon.

CD. Grace Bumbry : The art of Grace Bumbry (1957 – 1967), 8 cd + 1 dvd, Deutsche Grammophon. Une décennie miraculeuse dans la vie d’une diva exceptionnellement douée : voilà le cadeau de ce coffret magistral, d’une intelligence et d’un style à couper le souffle. La « Vénus noire », Grace Bumbry, star de l’opéra international avant Jessye Norman, est née le 4 janvier 1937 : elle a donc soufflé ses… 80 ans en ce début d’année. Occasion célébrative pour rééditer les enregistrements marquants chez DG Deutsche Grammophon, dont certains sont ses meilleurs. On connaît tout l’excellente diseuse, servie par un souffle et un timbre cuivré, sensuel, souverain, en particulier dans la mort de Didon des Troyens de Berlioz (une séquence inoubliable que votre serviteur eut l’occasion d’applaudir). La mezzo soprano américaine née à Saint-Louis dans le Missouri est restée célèbre pour avoir été la première black de l’histoire à chanter le rôle de Vénus, au début du Tannhäuser de Wagner à Bayreuth (1961). L’apogée de sa carrière se situe dans les années 1960 et 1970, s’imposant d’abord dans les grands rôles dramatiques (Azucena, Eboli – chanté au Palais Garnier de Paris dès 1960, Dalila ou Carmen…) puis s’affirmant tout autant dans les rôles de sopranos lyriques (Lady Macbeth, Gioconda, Tosca et jusqu’à Turandot … en 1993 à Covent Garden). La voix ample, puissante, finement timbrée est doublée d’un talent d’actrice remarquable, imposant sur scène une présence hypnotique, digne d’une Callas. C’est qu’aux côtés de ses possibilités vocales exceptionnelles, la diva est aussi une interprète qui se souci du texte. S’il n’était qu’un seul cd de cette compilation très nécessaire pour tous ceux qui lyricophile, apprécient les beaux timbres et l’élégance vocale comme l’intensité dramatique, écoutez dans l’enchaînement des 18 airs, le cd6 : Airs de Verdi (son grand maître) et Wagner, puis 6 lieder de Brahms… car outre ses performances comme mezzo ample et dramatique à l’opéra, Grace Bumbry fut aussi une diseuse hors pair, née pour le lied, calibrant son phénoménal métal à l’intimisme pudique et allusif du chambrisme germanique. Rayonnante et blessée pour Ulrica d’Un Ballo in maschera (ampleur hallucinée de la voix amoureuse qui éclaire ce fantastique électrique présent dans la partition), torrent impétueux mais si digne pour Eboli (Don Carlo), et grandeur désabusée mais éblouissante (malgré une prise lointaine) pour l’autre personnage de Don Carlo, la soprano Elisabeth : même dans une tessiture plus aigu, la diva éblouit par sa justesse expressive, son style, l’étendue de la tessiture. Même ivresse vocale, densité expressive, feu dramatique pour son Azucena du Trouvère, imprécatrice de grande classe, – jamais prise à défaut par les notes basses (« Stride la vampa »), coloriste funambule dans l’air qui suit : « Condotta ell’era in ceppi », d’autant que l’orchestre Berlinois (Radio Symphonie Orchester) saisit la finesse expressive de chaque séquence avec un sens du détail passionnant (Janos Kulka en 1962 et 1965). Née en 1937, Grace n’a que 25 et 28 ans ; sa maturité est saisissante. Même maîtrise absolue en 1965 pour sa Lady Macbeth (elle chante alors le rôle à Salzbourg) : un rôle qui comme pour Callas (au studio) a permis de démontrer les étonnantes capacités aigus, graves, dramatisme et articulation de la diva noire (quel abattage linguistique) : un volcan sidérant, par sa présence, son sens de l’incarnation et aussi, une finesse d’intonation qui devrait servir de modèle aux nouvelles générations : les 3 séquences de sa Macbeth, gouffre shakespearien qui concentrent touts les folies humaines, – récitatif puis air en cabalette, enfin somnambulisme halluciné (« Una Macchia è qui tuttora »), – miroir lugubre d’une âme détruite par sa perversion, sont des musts. Des pépites anthologiques. Tragédienne, amoureuse enivrée, diseuse allusive GRACE BUMBRY, diva assoluta pour l’éternité La Wagnérienne saisit tout autant par sa maîtrise de l’articulation, un sens inouï du texte… qui lui permet d’éblouir de la même façon dans le lied, – format plus intimiste où la pudeur et les blessures tues et secrètes affleurent dans la texture d’un chant suggestif, millimétré, ciselé, où rayonne tel une matière incandescente, la texture surjective du texte : ses 4 Brahms sont des joyaux (1963); le disque montre l’éloquente profondeur d’une immense interprète, déjà maîtresse de ses possibilités, avant ses 30 ans. Avec le recul, cet écart entre son soprano puissant mais clair – amoureuse enivrée-, et ses graves lugubres de tragédienne souveraine, suscite une juste admiration : la chanteuse est aussi une actrice née qui préserve toujours l’intelligibilité du texte : chez Brahms donc, n’écoutez que l’Ôde à Sapho (Sapphische Ode, opus 94/4) : le sens de la mesure, la couleur intérieur, le relief du texte, la sobriété et la subtilité de l’articulation sont sidérants (cd6, plage 14). Une grâce se déroule sans faille et d’une incroyable continuité ciselée dans le cd 7 qui regroupe ses lieder parmi les mieux aboutis et déjà bouleversants (An die Musik de Schubert ; Liszt, Wolf et Richard Strauss dont le Sehnsucht demeure ineffaçable…), récitals de 1962 et 1964. En français (cocorico), la mezzo saisissante est tout autant bluffante : « Ô ma lyre immortelle » de Sapho de Gounod (chant d’une prêtresse qui a cotoyé les dieux et qui transmet sur terre sa fabuleuse intensité comme son esprit détaché prêt au renoncement), « Mon coeur s’ouvre à ta voix » (Samson et Dalila de Saint-Saëns), et aussi « Oui Dieu le veut » de La Pucelle d’Orléans de Tchaikovski (les 3 airs de 1962) sont inoubliables, comme sa Carmen pour Karajan (1967, ici au DVD) mémorable réalisation qui en impose vocalement comme scéniquement, alors pour Salzbourg, avec le José lui aussi anthologique de Jon Vickers. Notre compte rendu rend peu compte de l’apport inestimable d’une immense artiste : ces 8 cd sont incontournables pour tous ceux que la fusion subtilité et puissance intéresse, intrigue, subjugue. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017. ____________________ CD. Grace Bumbry : The art of Grace Bumbry (1957 – 1967), 8 cd + 1 dvd, Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017.



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9 mars

CD, coffret. Karl Böhm : Great recordings, 1953 – 1972 (17 cd Deutsche Grammophon)

CD, coffret. Karl Böhm : Great recordings, 1953 – 1972 (17 cd Deutsche Grammophon). Grand chef lyrique, Karl Böhm malgré son allégeance aux nazis rélise une carrière impressionnante après guère, dont témoigne ce second coffret DG Deutsche Grammophon et qui réunit les enregistrements symphoniques et concertants, de 1953 à 1972 (soit 22 ans avant sa mort). Grand défenseur avec Karajan du patrimoine germanique, orchestral et donc lyrique (ultime Tétralogie de Wieland Wagner à bayreuth de 1965 à 1967), Böhm incarne cette sobriété efficace, une réelle sensibilité au drame, un jeu d’équilibriste qui a toujours su se mettre au service de la musique. Si ses accointances national-socialistes peuvent heurter, ses dispositions comme serviteur des oeuvres suscitent l’admiration. En témoignent le contenu de ce nouveau coffret qui complète avantageusement le premier (KARL BÖHM : Late recordings. Vienne, Londres, Dresde, 1969 – 1980, 23 cd DG Deutsche Grammophon / édité en juin 2016). Dans un son compact, ses Beethoven avec le Berliner Philharmoniker (1953, 1958, 1961 : Symphonies 3, 5 et 7) ne manquent pas d’énergie conquérante. Et la Missa Solemnis réalisé à Berlin en 1955, fait entendre un orfèvre qui recherche la poésie malgré la puissance de l’architecture (et une prise lointaine, globale, donc plus solennelle et pompeuse que celle à Vienne des Quatre Saisons). D’ailleurs, dans les Quatre Saisons de Haydn (réalisées à Vienne en 1967), le chef autrichien né à Graz, se montre fin et chambriste dans une partition dont beaucoup souligne l’ampleur un rien décorative (articulation du discours d’une indéniable finesse, détaillée et vive, avec le Wiener Philharmoniker, et une distribution convaincante dont Gundula Janowitz, Peter Schreier)… Son Mahler de 1963 avec les Berliner et l’immense Dietrich Fischer-Dieskau (Kindertotenlieder, Rückert-lieder) marque un sommet de la période. Mais le volet le plus intéressant, aux côtés de ses Mozart (Ein kleine Nachtmusik, Berliner 1956 : tentative réussie, saisie sur le vif, d’élégance viennoise apprise par les Berlinois), demeure son approche du Richard Strauss symphoniste (le plus grand à la fin du XIXè / début XXè, avec Mahler justement) : le coffret relève et dévoile sa finesse de conception, une attention au détail comme au souffle global. Ainsi s’affirment à nous aujourd’hui, la poésie dramatique, comme enivrée et d’une activité irrépressible : Till Eulenspiegel (avec la Staatskapelle Dresden, 1957), Don Juan (Berliner, 1963), Eine Alpensinfonie (Belriner, 1963), l’exceptionnelle Une vie de héros (Ein Heldenleben opus 40 (S. Dresden, 1957, dans une acoustique aérée, réverbérée d’une étonnante présence spatiale). Dans le cd 16, Karl Böhm se réconte lui-même (en allemand : Erzähltes leben), et complément tout aussi enrichissant, le cd 17 offre une répétition intégrale de la 9è « La Grande » de Schubert, suivi de sa performance (Berliner Phil., 1963). Une immersion dans le chaudron matriciel où un maître alchimiste affine, peaufine, cisèle encore et toujours la matière musicale. Passionnant. ____________________ LIRE aussi notre critique complète du coffret KARL BÖHM : Late recordings (1969 – 1980), CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016 / « Böhm : le poète et l’architecte ».

Herbert von Karajan
(1908 – 1989)

Herbert von Karajan est un chef d'orchestre autrichien (5 avril 1908 - 16 juillet 1989). Spécialiste du répertoire austro-germanique de Bach à Bartók ainsi que de l'opéra italien, il a laissé près d'un millier d'enregistrements chez Deutsche Grammophon, EMI et Decca, ce qui en fait un des chefs les plus enregistrés du xxe siècle (entre 200 et 300 millions d'albums vendus).



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